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Politique

Guinée : Et si le CESA et l’opposition (FNDC) aident à désamorcer les esprits

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Par Zeinab Camara, Députée Boffa

Suffit-il de se prévaloir du statut de centre d’études pour prétendre au sérieux et à la crédibilité ? De même, suffit-il de se parer du titre de directrice de recherche adjointe dans un centre quelconque pour s’octroyer le droit de porter des jugements définitifs et expéditifs sur la situation passée, actuelle et à venir de la Guinée ? Telles sont quelques-unes des interrogations suscitées en moi par la lecture d’un document intitulé « Désamorcer la crise politique en Guinée » publié par le Centre d’Etudes Stratégiques de l’Afrique (CESA), le 28 avril 2020. Il me tenait donc à cœur en tant que citoyenne et élue de la nation d’apporter ma modeste contribution au débat en cours afin d’aider notre peuple à se forger l’opinion la plus éclairée possible. Le faisant, c’est tout le peuple guinéen sans exclusive que j’invite à une réflexion raisonnée, argumentée et utile à notre patrie, tant il est vrai que nous n’avons qu’un seul pays.

Si un ancien premier ministre de notre pays s’est dit « réconforté qu’un centre aussi influent porte les justifications de notre combat (sic) », la Guinéenne que je suis aurait tendance, pour sa part, à craindre que ledit « rapport » ne soit une source d’incitations diverses à la division et à l’affrontement entre filles et fils de la Guinée. En effet, tentant de mettre la république de Guinée sur la sellette, ce document allègue sans nuance aucune que le Président Alpha Condé travaillerait pour ses intérêts personnels et pour ceux de son « clan » ; que tant qu’Alpha Condé n’aura pas la légitimité des Occidentaux, la Guinée s’installera résolument dans l’œil du Cyclone. Le CESA termine en invitant les communautés régionale et internationale à soutenir les Guinéens opposés à l’actuel Président qui, toujours selon le « rapport », confisquerait le pouvoir, etc.

Avant tout, en quoi le CESA qui n’est qu’un organisme de recherche privé parmi tant d’autres aurait-il le plus à cœur les intérêts des Guinéens quand on sait qu’il obéit à un agenda qui lui est propre ? ll est permis d’en douter quand on pense au rôle de certains « experts » ou organisations dans les crises qui ont frappé des pays frères tels la Côte d’ivoire. On pense ainsi à un certain Benoît Scheuer qui a disparu de la circulation après avoir soufflé sur les braises de la haine entre les Ivoiriens par sa partialité et sa stigmatisation d’un camp face à l’autre ? C’est exactement ce qu’on peut redouter quand Mme Alix Boucher qui n’en est pas à son premier rapport sur la Guinée, auteure du document du CESA affirme sans aucun recul : « En Guinée Forestière, un conflit autour du vote a suscité des violences entre groupes religieux menant à l’incendie de plusieurs églises et mosquées faisant plus de quinze (15) morts ».

Déclarations unilatérales et tranchantes de l’auteure, absence d’enquêtes et de confrontations des sources, recours aux invariants des propos routiniers voire incessants d’opposants, etc., sont là autant d’éléments hélas, qui jettent le voile du doute sur l’action et les intentions du CESA. Tout ceci nous remet en l’esprit ce sévère jugement de la Cour Pénale Internationale (CPI) qui avait estimé que trop souvent, les journalistes, les fonctionnaires d’organisations internationales ou d’organisation non gouvernementales n’avaient que des connaissances et des liens ténus, indirects ou inexistants avec les faits survenus sur le terrain. Nous voilà de plain-pied dans le même schéma. Comment madame Alix Boucher récidiviste notoire, peut-elle donc commettre un document qui se veut scientifique sans une ligne ou opinion d’un seul Guinéen non-membre de l’opposition ou représentant l’Etat guinéen ? Est- il concevable qu’une organisation qui se veut sérieuse et rigoureuse publie un document où il n’y a aucune référence, aucun renvoi et se contente juste d’affirmations gratuites ?

Le rapport du CESA aurait eu son utilité, si, voulant éviter l’apocalypse annoncée, Alix Boucher avait invité l’opposition guinéenne à interroger également ses responsabilités.

Lorsqu’on se penche plus en avant sur le contenu du document du CESA, celui-ci résiste difficilement à la réalité de la politique guinéenne. Les élections référendaires et législatives du 22 mars 2020 ont été organisées conformément au processus de dialogue social et politique mis en œuvre par le Président Alpha Condé depuis son premier mandat datant de 2010. La réforme de la Constitution, en effet, avait été discutée avec les forces vives de la Nation et les différents acteurs politiques, et programmée depuis belle lurette. Cette précision permet d’ailleurs de mieux comprendre l’urgence et la nécessité des réformes constitutionnelles ; lesquelles ne tiennent guère à des velléités de maintien au pouvoir. Malgré le boycott actif du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) caporalisé par une opposition en manque de crédibilité, n’arrivant plus à mobiliser qui s’est violemment attaqué à la distribution du matériel électoral, (les cartes d’électeurs, les urnes, les isoloirs, les fiches d’émargement) dans plusieurs circonscriptions électorales, aux personnes et aux biens, les élections se sont relativement bien déroulées. Il suffit de regarder les résultats pour s’en convaincre. En comparaison au Référendum de 2001, organisé par le régime militaire du Général Lansana Conté et boycotté sans violences par l’opposition de l’époque, et qui avait été plébiscité à 98,36 % avec un taux de participation de 87,20 %, celui de 2020 a été voté à 89,76 % par le peuple guinéen avec un taux de participation de 58,24 % nonobstant le boycott, les violences et les nombreuses entraves au scrutin orchestrés par l’opposition.

Quant au scrutin législatif, il a enregistré la participation de plusieurs partis de l’opposition républicaine et un taux de participation de 58,04 %. La mouvance présidentielle emmenée par le RPG-arc-en-ciel a obtenu 42 sièges à la proportionnelle et 37 sièges sur 38 à l’uninominale. Avec 79 parlementaires soit 69,29 % pour le RPG et 35 soit 30,70 % pour l’opposition, il apparaît que l’opposition républicaine qui a décidé librement de prendre part aux élections a bien des sièges à l’hémicycle. Opposer à ces chiffres, des propos attribués aux «(…) médias et (…) réseaux sociaux » et aux « organisations non-gouvernementales de Guinée » sans source ni précision aucune est tout de même léger.

Il est donc péremptoire d’affirmer que ces élections organisées par l’Etat guinéen, sans aucun soutien financier de l’étranger, se sont tenues à huis-clos. La présence des observateurs nationaux (les plate-formes de la société civile guinéenne), internationaux, notamment la société civile panafricaine venue du Togo, du Benin et du Cameroun sous la coordination du Plan international pour la démocratie et la paix en Afrique (PIDPA) et même celle des émissaires de l’ambassade des USA qui ont également sillonné les bureaux de vote attestent de la crédibilité des joutes électorales du 22 mars 2020. On note que sur les cinq (5) membres du Conseil de sécurité, trois (3) ont reconnu et salué la bonne tenue du scrutin et un (1) s’en est abstenu.

La pandémie du Covid 19 qui s’est déclarée à la veille de ces scrutins devait-elle également suspendre le processus de démocratisation de la Guinée ? Aurait-on oublié que l’Etat avait continué à fonctionner pendant la crise sanitaire de l’Ebola en 2014 qui a occasionné 3000 morts en Guinée, selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) ?

Selon les rapports officiels, « les élections que l’opposition a appelées à boycotter ont été émaillées certes de violences, mais les enquêtes ouvertes ont révélé que s’il y a eu des victimes du fait des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) qui faisaient face à certains militants armés, la majorité des autres tués et blessés l’ont été soit par des calibres 12 soit par armes blanches. Des armes qui ne sont pas dans la dotation des FDS qui ont eu à déplorer des morts et des blessés dans leurs rangs ». Pourquoi ne pas tenir compte également de ces éléments ?

C’est pourquoi, pour la mémoire de toutes ces victimes devant lesquelles je m’incline et en ma qualité de députée de la nation, je souhaite vivement que toute la lumière soit faite sur ces événements douloureux pour notre pays ; tragédie qu’on souhaite ne plus revivre. Comme dans tous les régimes démocratiques où plusieurs partis sont appelés à cohabiter, il y a souvent une crise de confiance entre le parti au pouvoir et ceux de l’opposition. La situation en Guinée n’échappe guère à la règle. Le Président Alpha Condé n’a cessé de multiplier les échanges avec ses opposants plusieurs fois appelés à la table des négociations. L’Assemblée nationale a même voté, le 18 décembre 2014, la Loi 036 portant statut de chef de file de l’opposition. Dans le cadre des règles du protocole d’Etat, le porte- parole attitré de l’opposition politique prend rang immédiatement après les présidents des institutions républicaines. A l’issue des dernières élections législatives, c’est l’opposant El hadj Mamadou Sylla, président de l’Union démocratique de Guinée (UDG) qui est désormais le chef de file de l’opposition en Guinée. Il s’agit là d’efforts réels à encourager, tout comme nous devons accompagner au mieux la réforme du secteur de la sécurité afin que les résultats attendus profitent à chaque Guinéen.

Quant aux partenaires historiques de la Guinée que sont la Chine, la Fédération de Russie ou la Turquie, ils occupent une place légitime dans la coopération guinéenne au même titre que tout autre pays, organisation ou entité soucieuse de soutenir le pays dans sa marche ô combien difficile vers le progrès comme la plupart des pays africains, cela dans le respect de la vérité des urnes et de la souveraineté du peuple guinéen.

Voilà pourquoi je dis que si crise politique il y aurait à désamorcer en Guinée, la meilleure manière de la faire serait d’abord et avant tout de désarmer les plumes au CESA, ensuite les esprits au niveau de l’opposition et de l’ensemble des forces politiques.

Conakry le 12 mai 2020

 

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Politique

Libération de quelques détenus politiques: Le FNDC s’étonne que le communiqué ait été présenté par un membre du Gouvernement

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Dans un communiqué rendu public ce vendredi 7 mai 2021, Alpha Condé, par l’intermédiaire de son porte-parole du moment, a fait état de la libération d’une quarantaine de détenus et du renvoi en jugement d’une cinquantaine d’autres dans l’affaire des violences liées à la mascarade électorale ayant accompagné le coup d’État constitutionnel du 18 octobre 2020.

Le FNDC s’étonne tout d’abord que ce communiqué ait été présenté par un membre du Gouvernement alors qu’il s’agit d’une affaire, dit-on, judiciaire.

C’est le Procureur de la République qui aurait dû porter ces informations à la connaissance du public conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale.

Cette démarche prouve à suffisance que ce dossier est téléguidé à partir des bureaux du dictateur Alpha Condé. L’indépendance de la justice que l’on chante par-ci par-là n’est qu’une simple incantation car l’inféodation de l’appareil judiciaire pour servir la dictature d’Alpha Condé n’est plus à démontrer.

Par ailleurs, en faisant état de personnes qui ont bénéficié d’un non-lieu, Alpha Condé veut faire croire à l’opinion nationale et internationale que les juges ont eu les mains libres dans l’instruction de ce dossier. Mais la réalité est toute autre.

Les forces aux ordres du tyran Alpha Condé ont arrêté délibérément des citoyens contre lesquels il n’y avait aucune preuve de leur participation aux infractions qui leurs étaient reprochées. En faisant semblant d’instruire le
dossier- un dossier vide au demeurant-, les juges finissent par les libérer commepour démontrer qu’ils sont indépendants.

En réalité, il y a des acteurs politiques et de la société civile qui étaient principalement visés. Dans cette affaire, la justice n’a jamais été et ne sera jamais indépendante. Elle agira toujours suivant les instructions du dictateur Alpha Condé qui, en cas de condamnation, pourrait user de son pouvoir gracieux dans le but d’apparaître comme un homme tolérant. Tout sauf tolérant, Alpha Condé est un égoïste sans cœur qui a ôté tant de vies pour assouvir sa soif de pouvoir.

Le FNDC invite tous les patriotes et tous les combattants de la liberté à rester mobilisés afin d’obtenir la libération sans condition des concitoyens injustement pris en otage et qui sont aujourd’hui des détenus politiques du dictateur Alpha Condé.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons!
Conakry, le 08 mai 2021.u moment, a fait état de la libération d’une quarantaine de détenus et du renvoi en jugement d’une cinquantaine d’autres dans l’affaire des violences liées à la mascarade électorale ayant accompagné le coup d’État constitutionnel du 18 octobre 2020.

Le FNDC s’étonne tout d’abord que ce communiqué ait été présenté par un
membre du Gouvernement alors qu’il s’agit d’une affaire, dit-on, judiciaire. C’est le Procureur de la République qui aurait dû porter ces informations à la connaissance du public conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale.

Cette démarche prouve à suffisance que ce dossier est téléguidé à partir des bureaux du dictateur Alpha Condé. L’indépendance de la justice que l’on chante par-ci par-là n’est qu’une simple incantation car l’inféodation de l’appareil judiciaire pour servir la dictature d’Alpha Condé n’est plus à démontrer.

Par ailleurs, en faisant état de personnes qui ont bénéficié d’un non-lieu, Alpha Condé veut faire croire à l’opinion nationale et internationale que les juges ont eu les mains libres dans l’instruction de ce dossier. Mais la réalité est toute autre.

Les forces aux ordres du tyran Alpha Condé ont arrêté délibérément des citoyens contre lesquels il n’y avait aucune preuve de leur participation aux infractions qui leurs étaient reprochées. En faisant semblant d’instruire le
dossier- un dossier vide au demeurant-, les juges finissent par les libérer comme pour démontrer qu’ils sont indépendants.

En réalité, il y a des acteurs politiques et de la société civile qui étaient principalement visés. Dans cette affaire, la justice n’a jamais été et ne sera jamais indépendante. Elle agira toujours suivant les instructions du dictateur Alpha Condé qui, en cas de condamnation, pourrait user de son pouvoir gracieux dans le but d’apparaître comme un homme tolérant. Tout sauf tolérant, Alpha Condé est un égoïste sans cœur qui a ôté tant de vies pour assouvir sa soif de pouvoir.

Le FNDC invite tous les patriotes et tous les combattants de la liberté à rester mobilisés afin d’obtenir la libération sans condition des concitoyens injustement pris en otage et qui sont aujourd’hui des détenus politiques du dictateur Alpha Condé.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons!
Conakry, le 08 mai 2021.

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Politique

Ministère de la citoyenneté : Dr Zalikatou remplace Taran Diallo

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La députée du RPG ARC-EN-CIEL, prend désormais les destinées du ministère de la citoyenneté. Honorable Zalikatou Diallo a été nommée ce jeudi 29 avril 2021, à travers un décret, à la tête de ce département.

 

Abdour.Camara

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Politique

Porte-parolat du gouvernement : Tibou Camara remplace Aboubacar Sylla

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Ce poste était jusque-là géré le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Mais à travers un décret lu sur la RTG koloma, ce jeudi 29 avril 2021, Tibou Kamara, a été nommé en remplacement d’Aboubacar Sylla.

En plus de sa fonction du ministre de l’industrie et des petites et moyennes entreprises, Tibou Kamara assurera désormais le compte-rendu du conseil des ministres et d’autre fonctions de communication du gouvernement.

 

Lamine Kaba

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Politique

Détention d’opposants: Bah Oury fait une invite au gouvernement Kassory

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Le président de l’UDRG, est revenu sur une sortie médiatique du premier ministre, concernant la situation des opposants détenus à la maison centrale de Conakry. Lors de cet entretien, Kassory avait nié le terme “prisonnier politique” en Guinée, avant d’accuser l’opposition d’empêcher la manifestation de la vérité sur les cas de morts, au cours des manifestations sociopolitiques.

Bah Oury, s’est néanmoins inscrit dans la logique du chef du gouvernement guinéen, sur le sujet spécifique concernant le “refus pour l’opposition dirigée par Cellou Dalein, de coopérer pour une sortie de crise”

Le leader de l’UDRG estime que si Kassory Fofana parle de cette situation, il doit certainement avoir “des informations qui le fondent à penser ainsi…”. Bah Oury poursuit que dans le cadre du fonctionnement normal de la justice, tous les faits qui sont connus doivent être portés à l’attention de la justice qui doit faire ce qu’elle doit faire en ce qui concerne la manifestation de la vérité.

«Si par contre, ils savère qu’ils ont des informations et pour des raisons qui ne sont pas expliquées, ils cachent la vérité, ça veut dire qu’il y a une collision pour empêcher la manifestation de la vérité. Donc, le ministère de la justice est chargé de juger, la police judiciaire est chargée de mener des enquêtes, le procureur représentant le parquet est chargé pour le compte de la société d’agir en conformité avec les fondamentaux du droit», a-t-il souligné.

 

Abdour.Camara

 

 

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Politique

FÉGUIFOOT : Alpha Condé interdit l’ingérence des autorités dans le processus de désignation des membres (Conseil des ministres)

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Conakry, le 22 avril 2021 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 22 Avril 2021, de 08h à 10H, par visioconférence, avec l’ordre du Jour suivant :
Le Président de la République a rappelé les règles qui doivent régir les relations entre les membres du Gouvernement qui se doivent d’observer le respect mutuel, la courtoisie, la bonne collaboration et la solidarité dans leurs contacts réciproques. Il a insisté sur la nécessité pour chacun, d’œuvrer à la promotion de l’esprit d’équipe sans lequel le travail gouvernemental ne saurait enregistrer de succès
Le Chef de l’Etat a instruit les Ministres en charge des Finances et du Budget de toujours privilégier les règlements des Fonds de contrepartie aux administrations concernées afin d’éviter le gel ou le retard de décaissement des crédits ou dons obtenus dans le cadre des financements extérieurs
Le Chef de l’Etat a rappelé que les avantages particuliers figurant dans les conventions conclues par l’Etat et ratifiées par l’Assemblée Nationale ne peuvent être affectées par les dispositions du Code de l’Eau et d’autres Codes en vigueur, le Gouvernement devant veiller à crédibiliser l’Etat par le respect de ses engagements légitimés par le Parlement
Le Président de la République a donné au Ministre en charge des sports des directives interdisant aux autorités guinéennes toute ingérence dans le processus de désignation des membres de la Fédération Guinéenne de football (FGF), dans le respect de l’indépendance de cette institution. Il a cependant appelé les membres de la Fédération au sens de responsabilité et au respect scrupuleux de ses statuts et des règles édictées par la CAF et la FIFA auxquelles la FGF demeure affiliée.
Le Chef de l’Etat a instruit les autorités sanitaires et les services de sécurité à ne pas baisser la garde dans la lutte contre la pandémie à la Covid-19 et l’épidémie à virus Ebola. Il a invité les départements concernés à intensifier les campagnes de sensibilisation, de dépistage et de vaccination, notamment dans les établissements scolaires et universitaires. Il a donné au Ministre en charge de la Sécurité des directives pour l’application rigoureuse des mesures barrières édictées et le respect strict des interdictions d’ouverture de certains lieux de réjouissance.
Le Président de la République a invité les membres du Conseil à tenir systématiquement tenir compte du contexte pandémique qui prévaut lors de la programmation d’évènements  ou de cérémonies officiels. Une collaboration étroite avec l’ANSS est impérative et tout regroupement présentant des risques potentiels de contamination doit être annulé ou reporté, sans hésitation
Au deuxième point de l’ordre du jour, Monsieur le Premier Ministre a fait le compte rendu de la session ordinaire du Conseil Interministériel du 20 Avril 2021.
 A ce titre,
Le Conseil a entendu successivement
 1-   Monsieur le Premier Ministre qui a annoncé aux membres du Conseil les deux points d’informations suivants :
–        a) La fin des arbitrages des lettres de missions des membres du Gouvernement. Au terme de la validation des documents par le Chef de l’Etat, le Ministre de la fonction publique se chargera de la révision des décrets portant attributions et organisation des Départements conformément à ces versions définitives, pour éviter tout chevauchement dans le futur.
–        b) Les conclusions de sa concertation avec le Ministre d’Etat, Aboubacar Sylla, qui après trois années d’exercice du porte-parolat du Gouvernement, convient avec lui que cette tâche soit exercée par un autre Ministre, la charge de coordination du secteur éducatif en termes de réformes hardies venant de lui être confiée par Monsieur le Président de la République et le Premier Ministre. Ainsi, après consultation du chef de l’Etat, une désignation d’un nouveau porte-parole interviendra dans les meilleurs délais.
2-   Le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger qui a soumis deux projets de Décrets portant :
Ø création, attributions et organisation du Haut Conseil des Guinéens de l’Etranger ;
Ø création, attributions, organisation et fonctionnement  de la Commission Nationale de la Francophonie.
3-   Le Ministre des Hydrocarbures qui a soumis au Conseil un projet de Décret portant cadre réglementaire des opérations de soutage en République de Guinée.
4-   Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement qui a présenté une Communication relative à la problématique de la mobilisation des redevances d’utilisation des ressources en eau.
5-   La Ministre de la Culture et du Patrimoine Historique qui a fait une Communication relative à l’organisation des «72 heures du livre 2021 ».
6-   Le Ministre de la Santé qui a fait le Compte rendu relatif à l’évolution de la riposte à la pandémie de la Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola en République de Guinée.
Dans ce cadre,
Le Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger a soumis pour examen deux projets de Décrets portant création, attributions et organisation du Haut Conseil des Guinéens de l’Etranger et de la Commission Nationale de la Francophonie.
Ø S’agissant du Haut Conseil des Guinéens de l’Etranger (HCGE), il a rappelé que depuis plus de 10 ans, le Département en charge des Guinéens de l’Etranger a entrepris diverses initiatives visant à organiser la diaspora guinéenne en vue de mieux défendre ses droits et ses intérêts mais aussi faciliter et soutenir sa pleine participation au développement national.
C’est dans ce cadre que des structures de base dénommées « Conseils des Guinéens de l’Etranger » (CGE) ont été mises en place dans tous les pays où la Guinée dispose d’une Mission diplomatique (une quarantaine au total). L’établissement de ces Conseils avait conduit à l’organisation en janvier 2018, du premier forum de la Diaspora guinéenne à Conakry, sous l’égide du Gouvernement.
La dernière phase de ce processus d’intégration consiste à mettre en place la structure faitière chargée de fédérer tous les Conseils Guinéens de l’Etranger et servir d’organe représentatif des Guinéens de l’étranger. D’où l’objet du projet de Décret soumis, qui comporte 13 articles repartis en 4 chapitres.
Ainsi, le Haut Conseil des Guinéens de l’Etranger est placé sous l’autorité du Ministère en charge des Guinéens de l’Etranger. Il a le statut d’organe consultatif, est apolitique, à but non lucratif, laïc et non discriminatoire.
Les attributions du HCGE sont entre autres :
–      donner son avis et formuler des recommandations dans le cadre de l’élaboration et la mise en application de la politique gouvernementale en matière de gestion, de promotion et de protection des Guinéens de l’étranger ;
–      promouvoir l’unité et la solidarité entre les Guinéens de l’étranger sans distinction ;
–      contribuer à une meilleure prise en charge des préoccupations des Guinéens vivant à l’étranger ;
–      stimuler leur contribution au développement socio-économique et culturel de la Guinée.
Le Ministre a par ailleurs défini les instances du HCGE et leur composition
Ø En ce qui concerne la Commission Nationale de la Francophonie, le Ministre a indiqué que suite à l’élargissement des actions de l’OIF sur le champ Politique, de Développement durable, de l’Economie et les Technologies numériques, les Etats membres ont mis en place des dispositifs au niveau national pour bénéficier des opportunités offertes par les programmes de coopération et les investissements.
C’est ainsi qu’ont été créées des Agences nationales et des Commissions nationales de la Francophonie dans plusieurs pays d’Afrique.
Il a indiqué que la Guinée qui a adhéré à cette Organisation depuis quatre décennies, n’avait jusque-là pas mis en place un tel dispositif. C’est pour corriger cette insuffisance que le Décret 249 portant Attributions et Organisation du Ministère des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Etranger a prévu la « Commission Nationale de la Francophonie » (CNF) comme organe consultatif, au même titre que le Haut Conseil des Guinéens de l’Etranger.
Le Ministre a expliqué que le projet de Décret soumis à l’approbation du Conseil porte sur la mise en place de cette structure dont les attributions, sont entre autres :
–      organiser la participation de la Guinée à toutes les instances de l’OIF (Sommets des Chefs d’Etat, Conférences des Ministres, Evènements thématiques) ;
–      proposer et donner son avis sur les programmes et activités relatifs à l’OIF ;
–      coordonner au niveau national les activités relevant de l’OIF, y compris la Journée annuelle de la Francophonie ;
–      participer à la promotion des investissements francophones en Guinée en facilitant les échanges entre les organismes d’investissement de l’OIF et les promoteurs de projets nationaux.
Au terme des débats, le conseil a soutenu le Ministre pour ces deux initiatives et adopté les deux projets de Décrets.
Le Ministre des Hydrocarbures a soumis pour examen le projet de Décret portant cadre réglementaire des opérations de soutage en République de Guinée.
Le Ministre a expliqué que le soutage consiste en une opération d’avitaillement d’un navire ou d’une installation offshore (en mer) en produits pétroliers et dérivés dans les zones maritimes sous souveraineté ou juridiction de la République de Guinée.
Il a indiqué que l’objectif visé par ce décret est de normaliser les opérations de soutage dans les eaux guinéennes avec pour double effet d’arriver à lutter efficacement contre les pratiques illégales d’avitaillement, et de pouvoir faire bénéficier le budget de l’Etat des recettes liées à cette activité.
Le soutage se fera par un Partenaire technique principal qui sera l’importateur et le distributeur exclusif des produits ciblés par le soutage, et par des avitailleurs locaux.
Au terme des débats, le conseil a encouragé le Ministre à poursuivre les efforts d’amélioration du cadre réglementaire des activités du Département des Hydrocarbures et procédé à l’adoption du projet de Décret soumis.
Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement a fait une communication relative à la problématique de la mobilisation des redevances d’utilisation des ressources en eau.
Il a informé le conseil des difficultés rencontrées par la Direction du Fonds de l’Hydraulique, dans sa mission de recouvrement de la redevance d’utilisation des ressources en eau auprès des usagers professionnels d’eau dont l’utilisation est industrielle, minière ou commerciale.
En dépit des dispositifs qui traduisent une réelle volonté politique de mobiliser les ressources financières internes pour contribuer à la gestion intégrée des ressources en eau, la capacité de mobilisation à grande échelle par le Fonds de l’Hydraulique reste entravée par le problème d’exonération de gros usagers.
Le motif invoqué pour le non-paiement des redevances d’eau par ces gros usagers soumis au régime de concession, est l’exonération qui leur a été accordée par l’Etat Guinéen dans leurs conventions respectives.
Cet état de fait accentué par le caractère social du secteur, prive la Direction Générale du Fonds de l’Hydraulique de sa principale ressource financière interne qui devrait être destinée au financement d’actions visant à favoriser le développement des ressources en eau et la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau.
Pour faire face à cette problématique, le Ministre a proposé la mise en place d’une commission de réflexion et de négociation avec les usagers professionnels d’eau.
Cette commission aura pour mission d’amener les usagers professionnels d’eau exonérés à se conformer aux dispositions des Chapitres II et III du Code de l’eau, et à s’acquitter des redevances dues par l’application de l’Arrêté conjoint N°2017/1756/MEH/MEEF/SGG en date du 07 Mai 2017 au titre de l’utilisation de l’eau dans leurs opérations commerciales, industrielles, minières et de production d’énergie hydroélectrique.
Elle sera composée des Ministères en charge de l’Hydraulique, de l’Energie, des Mines, des Finances, du Budget et de l’Industrie.
Au terme de l’exposé, le conseil a donné son soutien au Ministre et l’a encouragé à travailler à la mise en place d’une commission qui se limitera à évaluer la situation et à faire des recommandations aux Ministres concernés pour prise de décision.
La Ministre de la Culture et du Patrimoine Historique a fait une communication relative à l’organisation de la 13ème édition des 72Heures du Livre, prévue à Conakry les 23, 24 et 25 Avril 2021.
Elle a informé que sous l’égide de son Département, les 72h du livre 2021 sont couplées à la célébration de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Elles sont portées par la maison d’édition l’Harmattan-Guinée et l’Association Guinée-Culture avec le soutien de l’Ambassade de France, de l’Ambassade d’Espagne, des Nations Unies et bien d’autres partenaires privés.
La Ministre a indiqué que les 72 h du livre impliquent de nombreux représentants d’institutions internationales, du corps diplomatique et consulaire accrédités en Guinée, de nombreux professionnels du livre des pays frères africains et d’autres régions du monde.
En guise de rappel, c’est autour des 72h du livre que la Guinée a organisé avec succès l’autre grand évènement international « Conakry, Capitale Mondiale du livre 2017 ».
Etant donné que les 72h du livre sont devenues un évènement national majeur dont l’organisation engage nécessairement l’Etat, la Ministre a sollicité du Gouvernement un accompagnement financier par le rétablissement de l’allocation d’une subvention.
Pour cette édition 2021, en complément du soutien des partenaires, l’apport de l’Etat pour la prise en charge de certaines rubriques de l’organisation, est sollicité.
Par ailleurs, la Ministre a informé de la volonté du Ministère de la Culture de faire des 72h du livre et d’autres activités phares similaires, le point de départ d’une grande ambition de promotion durable de l’industrie du livre en Guinée, en vue de faire de Conakry, la capitale africaine du livre.
Au terme de l’exposé, le conseil a invité la Ministre à assurer une collaboration étroite entre ses services et l’ANSS en vue de garantir un déroulement de l’évènement dans les conditions strictes de sécurité sanitaire
Le Ministre de la Santé a fait le compte rendu relatif à l’évolution de la riposte à la pandémie de la Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola en République de Guinée
AU TITRE DES QUESTIONS DIVERSES
Le Conseil a présenté à Monsieur le Président de la République ses condoléances émues suite au décès de Monsieur Idriss Déby Itno, Président de la République du Tchad, décédé au front, dans des conditions tragiques. Il a déploré la perte de cette figure majeure de scène politique africaine et rappelé le rôle important joué par ce dirigeant dans la lutte contre l’expansion de l’intégrisme et du terrorisme sur le continent
Le Ministre de l’Economie et des Finances a informé le conseil du démarrage de la mission virtuelle du FMI en Guinée, dans le cadre de la consultation au titre de l’article 4 des statuts du Fonds. La mission a démarré le 14 avril et se poursuivra jusqu’au 28 avril 2021.
Le Ministre d’Etat des Sports a informé le conseil sur les conditions d’organisation par la Fédération Guinéenne de Football de son congrès électif pour le renouvellement de son instance dirigeante (Comité Exécutif)
Le Ministre Secrétaire General des Affaires Religieuses, a informé le conseil de l’organisation du concours national de récitation et d’interprétation du Saint Coran du 24 Avril au 1er Mai 2021, sous le haut patronage de Son Excellence Monsieur le Président de la République.
Avant de lever la séance, Monsieur le Président de la République a donné au Conseil de larges informations sur la situation nationale, africaine et internationale.
Le conseil des Ministres
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