Se connecter avec nous

Dossier

Mort de Mohamed Camara dans un conflit domanial : Friguiady brise le silence et accuse les autorités de Coyah

Publié

sur

C’est un conflit domanial opposant la famille Sacko de Manéah et la collectivité de Friguiady qui a conduit à un affrontement le 27 mai dernier entraînant la mort de Mohamed Camara. Ce litige concerne un domaine qui s’étend sur 4 km² à Friguiady, sous-préfecture de Manéah dans la préfecture de Coyah. Suite à l’incident malheureux, la collectivité de Friguiady accuse les autorités d’être coupables du malheureux incident qui a entraîné la mort d’un des leurs.

« En Guinée, on ne prend jamais les choses au sérieux tant que l’irréparable ne se produit pas »,  telle a été l’introduction de Fodé Malick CAMARA, représentant des coutumiers et vice-président de la jeunesse de Friguiady., avant de retracer la genèse du conflit comme suit :

« La limite entre Friguiady et Manéah, c’est le pont. Tout a commencé lorsque nous avons appris que la famille Sacko est allée sur notre domaine pour des aménagements. Suite à cela, nous sommes allés sur le domaine pour demander d’arrêter et qu’ils se trouvent sur notre domaine. C’est ainsi que Abou Zator Camara, maire de la CRD, est intervenu pour demander d’arrêter toute activité et qu’il procéderait au lotissement du domaine.

A notre fort étonnement, on s’est rendu compte que la décision du maire n’a pas été respectée. La famille Sacko évoluait avec force sur le terrain. Elle a même fait un lotissement de 24 lots et procédé à la clé de répartition sans penser à Friguiady. Suite à cela, un procès a été intenté.  A l’époque, il n’y avait pas de tribunal de première instance à Coyah, c’était la justice de paix d’alors qui avait tranché en faveur de la famille Sacko. C’est ainsi que la collectivité de Friguiady a saisi la cour d’appel. La décision de la justice de paix de Coyah a été confirmée par ladite cour.

La décision rendue a été appelée ‘’la radiation’’ qui ne mettait pas fin au procès. C’est ainsi que nous avons consulté nos avocats pour engager la procédure de cassation à la cour suprême. Leur décision a ainsi été cassée et le jugement a été repris à la cour d’appel au cours duquel la collectivité de Friguiady est sortie victorieuse.

Pour rappel, lorsque le procès a été tranché en leur faveur lors des premiers jugements, et ce durant près de 5 ans,  nous ne sommes pas allés sur le domaine. Entre temps, ils ont vendu toutes leurs parcelles, c’est-à-dire le lotissement des 24 lots et sont entrés dans notre domaine pour vendre des parcelles que nous avions déjà cédées à d’autres personnes. Lorsque nous avons gagné le procès, notre huissier a pris les dossiers pour faire la signification à toutes les autorités de Coyah qui ont mis en cause les dossiers ».

Pourquoi ce litige ?

« Ce qui reste clair, Friguiady a été victime d’une haute trahison de la part de certains chefs du pays, c’est-à-dire à partir de la préfecture de Coyah, de certains cadres de la justice jusqu’au haut lieu. Ce sont des personnes qui ont leurs intérêts sur le site qui empêchent l’exécution de notre grosse qui est la décision de la justice. C’est la seule raison. Partout où nous allons défendre nos dossiers, ils sont automatiquement mis en cause.

Le jour de l’incident, c’est-à-dire où nous avons décidé d’aller sur le terrain, nous avons entendu que le leader principal des Sackos, Abdoul Karim Sacko avec la complicité de leur président de district qui est suspendu et a été arrêté le même jour à la préfecture, ont financé des loubards. Ceux-ci sont venus armés de machettes, de lance-pierres, de cailloux pour s’attaquer à nous. Lors de l’attaque, nous avons malheureusement perdu Mohamed Camara, père de 2 enfants. Il a été assassiné vers 11 h et son corps est resté sur les lieux jusqu’aux environs de 19 h. Aucune autorité de Coyah ne s’est déplacée durant l’intervalle pour voir le corps à plus forte raison le prendre. A 19 h, nous sommes allés voir le procureur de la République pour nous remettre une autorisation afin que la gendarmerie aille chercher le corps. Mais en vain.

C’est le chef secteur de Somafili qui fait limite avec Somakourè qui est allé à la CRD pour informer qu’il y a un corps quelque part relevant de son secteur. C’est ainsi que la CRD et certaines personnes ont pris le corps pour l’amener à la morgue de l’hôpital de Coyah. Ni autopsie, ni rien d’autre n’a été fait sur le corps. Le lendemain comme le corps avait commencé à sentir, nous avons décidé de faire l’enterrement. Aucune autorité de Coyah n’a été présente pendant ce temps ».

Version camp adverse

Contacté à propos du malheureux incident intervenu, Aboubacar FOFANA, président du district de Tanènè II, a fait savoir qu’il a été appelé par les habitants de Somakouré pour lui dire qu’ils ont été attaqués par des militaires. Selon lui, il a aussitôt appelé son chef hiérarchique Abou Zator CAMARA, maire de Manéah pour l’informer. D’après lui, son chef a appelé colonel Damaro pour l’informer. Poursuivant, il dit qu’il a été appelé par Colonel Damaro pour lui dire qu’il est en train d’exécuter la décision du procureur.

« On ne faisait que m’appeler. Je remontais l’information au fur et à mesure à mes chefs hiérarchiques, c’est-à-dire le sous-préfet et le maire. C’est ainsi que nous nous sommes déplacés pour aller à la préfecture voir le secrétaire général Adama KABA. Le sous-préfet et le maire lui ont donné des informations sur ce qui se passait sur le terrain. Entre temps, les gens ne faisaient m’appeler pour me dire que ça n’allait pas sur le terrain. Je chevauchais entre les responsables et les appels. Je ne suis pas allé sur le terrain, mais j’ai envoyé des émissaires du bureau qui m’ont dit qu’ils ont failli être attaqués et ils ont quitté les lieux.

Pendant que nous étions au bureau avec les généraux (les Sacko et les gens de Friguiady) pour calmer la situation, le secrétaire général, Adama KABA, comme le préfet était absent, a fait une note de service interdisant à tout citoyen de quelque bord que ce soit d’accéder au site aménagé de Soumakouré (CR de Manéah) qui est maintenant sous le contrôle de la gendarmerie.

Après notre séparation, j’ai été appelé pour me dire qu’il y a un mort sur le terrain. C’est ainsi que j’ai directement informé mes chefs hiérarchiques, le sous-préfet et le maire. J’ai par la suite informé la préfecture de la présence d’un corps sur le terrain. J’ai été informé vers 15 h. le corps est resté jusqu’à 18 h à peu près sur le terrain. Et nous sommes allés avec les généraux pour prendre le corps », a-t-il relaté sur le malheureux incident tout en précisant qu’une délégation a été formée aller saluer dans la famille mortuaire et une enveloppe a été remise pour le sacrifice du défunt.

Au moment où nous quittions les lieux, la famille du défunt  était entre Friguiady et l’hôpital de Coyah afin d’obtenir le certificat de décès. Selon Souleymane CAMARA, oncle du défunt, on refuse de me remettre le certificat de décès en me faisant croire que c’est le procureur qui le ramerait à Conakry.

CAMADI

Continuer la lecture
Cliquer ici pour Commenter

Laisser un commentaire

Tendance